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Erreurs de tri des emballages et papiers : et si c'était aussi la faute de la poubelle ?

Rédigé le 25/08/2021 par : MESLARD-HAYOT Hugo
Eurêka ? La poubelle de tri dessert son objectif. A partir de nombreuses lectures en sciences sociales, croisées avec les photos de corbeilles de propreté recensées à travers le monde, une idée m'est venue pour améliorer la poubelle. Une poubelle redesignée associée à une meilleure communication pourrait mieux servir la qualité du tri. Explications et récit d'une idée inventive.

S'étonner et s'interroger sur ce qui semble normal et évident

Comme le dit le sociologue, philosophe centenaire Edgar MORIN dans son livre Leçons d'un siècle de vie (2021), il faut "savoir s'interroger et s'étonner sur ce qui semble normal et évident". C'est ce que j'ai fait sans tellement le savoir, avant la lecture de cette phrase. Je l'ai fait sur les erreurs de tri du quotidien. Ennuyé par la persistance des erreurs de tri et agacé d'entendre souvent la faute remise uniquement sur le dos des trieurs, j'ai douté. Ce doute m'a amené à critiquer non pas le trieur comme cela est courant mais à décentrer le regard pour critiquer le contenant du tri, la poubelle. Elle est moins vexée par la critique faut le dire. La responsabilité individuelle, marqueur du néolibéralisme, ne peut être l'alpha et l'oméga du tri.

Les avis majoritaires ne sont pas nécessaires les bons. Combien de fois ai-je entendu sur le tri "les gens font n'importe quoi", "ils en ont rien à f...", "c'est de la mauvaise volonté"...Je ne dis pas que tout ça est faux mais ça ne peut pas suffire pour expliquer le mauvais tri, rejeter la faute uniquement sur l'individu, c'est réducteur, simplificateur. J'ai aussi entendu sur le tri des phrases du type "faut dire c'est pas facile", "y a tellement d'emballages", "on est un peu perdu"…(à moins que la personne voulait dire "on naît un peu perdu ?") Toutes ces remarques m'ont donc amené à penser un peu contre le discours dominant que j'ai moi-même internalisé parfois par facilité. J'ai réfléchi sur l'influence de l'environnement dans le geste de tri grâce aux travaux des sciences sociales notamment. Et je me suis dis que peut-être la poubelle n'aidait pas à mieux trier.

Mieux trier c'est prévenir aussi un peu


Vous vous dites peut-être mais pourquoi parle-t-il de tri alors que la ligne éditoriale évoque la prévention partout. Je ne fais pas tant fausse route que ça, le code de l'environnement inclut dans la prévention la réduction des "effets nocifs des déchets produits sur l'environnement et la santé humaine" (art. L541-1-1). Les erreurs de tri ont des conséquences environnementales certaines, notamment en termes d'émissions de gaz à effet de serre (dont l'augmentation entraîne des changement climatiques, vous le savez non ?!). Le dossier en pièce jointe est le fruit de plus de deux ans de travail échelonné par périodes, avec des centaines d'heures de lecture pour le concrétiser. Ma passion pour le sujet et mon temps disponible ont été très précieux, sans écoutes, sans lectures à mon avis je n'aurais pas accouché une telle réflexion. Mes lectures en sciences sociales ont eu une influence importante. Ce dossier a été coréalisé avec Sébastien Moreau, Président de l'association Zéro Déchet Touraine (dont je suis adhérent). Je m'engage ici, je parle à la première personne, une fois n'est pas coutume, mais je décline toute responsabilité en cas d'échec industrielle de l'invention proposée ici !

Les paragraphes ci-après reprennent presque à l'identique la partie introductive du dossier en pièce jointe. Ces parties énumèrent les raisons détaillées qui m'ont poussées à chercher à trouver une solution pour améliorer le tri.

Le tri plafonne malgré une grosse com. depuis plus de 20 ans

En France, il y a près de 30 ans, la loi du 13 Juillet 1992 obligeait les collectivités territoriales à développer les collectes sélectives pour abandonner peu à peu la mise en décharge. Aujourd’hui, le tri et le recyclage ont progressé fortement mais le tri des déchets ménagers reste encore grandement améliorable. Le taux de recyclage des emballages et papiers graphiques était de 68 % en 2018 et de 70 % en 2019 (Citeo, 2020). Ce taux plafonne, il ne progresse que d’un pourcent par an depuis près de 20 ans malgré des efforts de communication conséquents (Woronoff, 2014 1. C’est vrai également pour le tri des déchets en général (occasionnel compris), de 2007 à 2019, les Français qui trient leurs déchets ménagers sont passés de 83 % à 82 % (futuribles, 2020). Le constat communicationnel était déjà fait il y a plus de 20 ans (en 1999) par D.Lhuilier et Y.Cochin, "le très faible niveau d'information de la "population" sur la gestion des déchets" contraste avec "l'ampleur des informations-communications mises en oeuvre par différentes catégories d'acteurs...". Une autre étude de 2001 faisait aussi ce constat que « les collectivités locales et des sociétés prestataires » faisaient des « efforts d’informations importants » avec « 10 F par habitant par an pour la communication liée au développement de la collecte sélective et le double en phase de lancement » d’après l’Ademe (Mate, 2001).

De son côté, même chose pour l'éco-organisme eco-emballage qui avait dépensé 17,5 % de son budget en communication à son lancement en 1992 (Le Monde, 1992). En 2019, Citeo (successeur d'eco-emballage) a consacré près de 7 % de son budget aux dépenses de communication en 2019 (Vie verte, 2019). Ce budget dépasse de plusieurs points de pourcentage le seuil minimal de 1 % des contributions que Citeo doit consacrer à des actions d'information, de communication et de sensibilisation (Ministère de la transition écologique, 2019). Eco-emballage puis Citeo communiquent pour informer, sensibiliser les habitants aux gestes de tri, autant pour les adultes que pour les enfants 2 pour lesquels ils déclarent s’engager « depuis près de 30 ans en faveur de l’Education au Développement Durable (EDD) » (Idealco, 2020). Malgré cela, selon l’observatoire du tri de Citeo, en 2019, seulement 51 % des Français trient les emballages légers systématiquement. Ce problème n’est pas franco-français, il existe chez nos voisins européens et outre-Atlantique (Duffy et Verges, 2009).

Manque d'information et manque de connaissances : causes majeurs du non tri

Aussi, 49 % des Français déclarent chercher une consigne de tri par le biais d’un mémo-tri ou d’une mention sur l’emballage (CITEO et IFOP, 2018), qui parfois sont contradictoires. Depuis près de 20 ans, les recherches indiquent que les trieurs occasionnels et non-trieurs se distinguent des trieurs réguliers, par leur faible niveau de connaissances relatives aux consignes de tri (Dupré, 2014). Ceci a été confirmé en 2017 par une méta-analyse parue dans la revue américaine Journal of environmental psychology, le manque d'information et de connaissances est le principal frein à la participation au tri et à un tri de qualité (Varotto et Spagnelli, 2017). Une information de nouveau confirmée dans une récente étude (Obsoco & Citeo, 2021). Cette étude réalisée selon la méthode des quotas indique que 29 % des répondants parmi ceux qui ne trient pas systématiquement serait inciter à trier davantage leurs déchets ménagers avec une « meilleur information sur les consignes de tri… ».  Pourtant dans d'autres domaines, comme l'action face au changement climatique, tout porte à dire que "L’information n’est pas un déterminant de l’action." selon Thierry LIBAERT, universitaire spécialiste de la communication environnementale (Le Monde, 2021). La communication pour le tri échappe donc à cette logique pour diverses raisons (la capacité à agir notamment). Elle reste donc encore aujourd’hui à améliorer pour mieux communiquer plutôt que plus communiquer. La surcharge informationnelle brouille les possibilités qu’un trieur rencontre des informations véridiques sur le tri des déchets. Il peut trouver des informations à la fois sur l’emballage, sur les contenants à déchets, sur le site Internet de la collectivité, chez l'Ademe, Citeo, dans la presse, via ses voisins… et ces informations sont parfois contradictoires, ce qui peut dérouter, décourager.

La qualité du flux trié baisse, la quantité augmente

Ce manque d’information perçu par les usagers malgré de grands efforts de communication pourrait expliquer une partie des résultats observés lors du dernier MODECOM® de l’ADEME, réalisé en 2017. Il restait 25 % d’emballages et de papiers dans les ordures ménagères résiduelles (OMR) caractérisées, pourtant ils étaient ciblés par les consignes de tri. A cela s’ajoute aussi une stagnation du taux de refus de tri 3 qui avoisine les 20 % (Ademe, 2018), il était de 17 % en 2013 (Ademe, 2013). Et ce problème n’est pas franco-français non plus, par exemple en Belgique en 2018 le taux d’erreur de tri 4 est de 16 % pour les ménages et 22 % pour les entreprises (Fost plus, 2018). La Belgique a des canaux d’informations similaires aux canaux français. Au Canada, les « rejets de tri » étaient de 11,4 % en 2018, ce pays semble jeter plus de recyclables dans les ordures ménagères également (La Presse, 2020). De plus, selon l’Ademe, la méthode de collecte n’aurait pas vraiment d’influence sur ce taux : « Globalement, on ne met pas en évidence de tendance générale entre porte-à-porte et apport volontaire. Les écarts sont peu significatifs et leur sens dépend des schémas et des milieux. » (Ademe, 2016).

Plusieurs solutions ont déjà été proposées pour améliorer la quantité triée pour les emballages et les papiers graphiques :

  • La simplification via l’harmonisation et l’extension des consignes de tri dans l’hexagone d’ici 2022 (loi TEPCV) et l’application de couleurs de bacs identiques sur le territoire français ;
  • Le déploiement de la tarification incitative prévu dans la loi de transition énergétique pour la croissante verte de 2015 visant 25 millions d’habitants couverts par ce mode de financement d’ici 2025 ;
  • L’augmentation du coût de la TGAP 5 pour l’enfouissement et l’incinération d’ici à 2025 ;
  • L’harmonisation des schémas de collecte (Citeo, 2019). Parmi les trois schémas principaux, le schéma multimatériaux est majoritaire et en progression en France, suivi du schéma emballages/papier et enfin du schéma papier-carton (fibreux)/ plastiques-métaux (non-fibreux) (Ademe, 2016). Les quantités de refus ont tendance à être légèrement plus importantes (environ 5%) dans le cas du schéma multimatériaux.
  • La densification du maillage territorial de solutions de tri. Celle-ci est prévue via le déploiement du tri hors foyer rendu obligatoire avec la loi AGEC 6, l’implantation de machines de déconsignation (aussi appelées Reverse Vending Machine), ou bien encore le déploiement de PAV (points d’apports volontaires) supplémentaires. Cette stratégie de densification semble contradictoire avec le plan ressources 2018 qui vise à diminuer l’empreinte matière par habitant en France (MTES, 2018).
  • L’obligation d’appliquer le décret n° 2016-288 du 10 mars 2016 sur le tri de 5 flux de déchets (papier-carton, plastique, métal, verre, bois) faite aux entreprises et aux administrations.

D’ailleurs, parmi cette énumération, plusieurs des éléments indiqués ci-dessus sont repris par le Cercle National du Recyclage en tant que propositions pour « atteindre les objectifs de recyclage et les objectifs de collecte des bouteilles de boissons en plastique » (Cercle National du Recyclage, 2020).

Une hausse logique des erreurs de tri ?

Ces solutions permettront-elles d’augmenter quantitativement le flux de déchets triés ? Probablement que oui (et à certains endroits en France c’est déjà le cas). D’ailleurs l’Ademe prévoyait dans un rapport qu’entre 2011 et 2030, le tonnage des emballages légers (hors verre) et papiers graphiques s’accroitrait de 25 % (Ademe, 2014). Ces solutions permettront-elles d’augmenter qualitativement le flux de déchets triés ? probablement que non. Citeo, en transparence, l’a montré dernièrement (Idealco, 2020). Les refus de tri sont plus élevés d’un à deux points de pourcentage en extension de consigne de tri alors que le lancement de cette expérimentation date d’il y a 10 ans (première expérimentation en 2011). Je postule ici notamment une hausse des refus de tri liée à l’imbrication volontaire ou non de nouveaux petits emballages à trier (dosette, petits films…) dans les autres emballages plus grands (sacs et sachets, pots, cartons…). L’imbrication volontaire répondrait à une logique de gain de place du trieur face au volume croissant d’emballages à trier avec l’extension des consignes de tri. Cette logique d’imbrication volontaire pourrait s’expliquer également face à la quantité haussière (depuis 1997) d’Unités de Vente Consommateur (UVC) alimentaires que le consommateur achète (Ademe, 2015). Ainsi, via l'imbrication le trieur limiterait la place croissante prise par les emballages dans son espace de vie et dans son bac et limiterait ainsi les sorties du bac pour la collecte 7. Une étude de 2004 démontrait que les contraintes d’espaces était le premier inconvénient de tri cité par les personnes observées (Deleuil, 2004). En imbriquant les emballages, le trieur limite l’espace utilisé par les systèmes de pré-collecte chez lui (corbeille, sac…). Ces techniques permettent de lutter contre les emballages jugés comme étant des envahisseurs. En 2000, 20 % des personnes interrogées par une enquête d’opinion considérait l’emballage comme un « envahisseur », ils étaient 46 % en 2007 (ibid. Woronoff). Qui plus est la fragmentation des ménages français est favorable à l’arrivée de plus petits emballages car la taille des ménages diminue, et plus d’un tiers de personnes vivent seules dans notre pays (Insee, 2020). Aussi, les grands conditionnements sont plus fréquents dans les familles nombreuses que dans les autres foyers (Dupré, 2013). Qui plus est ces imbrications volontaires peuvent permettre d’échapper au contrôle institutionnel de la qualité du tri grâce aux emballages opaques tels que les boîtes en carton, les sachets de chips... Ces erreurs de tri d’imbrication ne pourront être évitées par aucune technologie en centre de tri (spectrométrie, spectrométrie proche infrarouge, machines à courant de Foucault, thermographie infrarouge moyen…). Seule la réflexion humaine peut contrer cela a priori.

Une nouvelle solution en devenir ?

Les solutions sont rares pour améliorer la qualité du tri à l’inverse de celles pour augmenter la quantité triée. Sans changement de paradigme, il semble difficile de diminuer les refus de tri pour améliorer la qualité du tri. Pour sortir ces emballages et papiers graphiques des filières d’enfouissement ou d’incinération, il est nécessaire de changer de focale sur les erreurs de tri pour se décentrer des solutions proposées actuellement.

La réflexion initiale est venue du dossier sur les corbeilles de propreté que j'avais co-réalisé en 2019 avec ZD Touraine et Zero Waste France. L'ensemble des photographies (collectées pour ce dossier) sur la gestion des déchets ça et là dans le monde a fait germer une idée, un déclic. Le design des corbeilles de propreté ailleurs dans le monde (Bruxelles, Japon, Laos...) est bien mieux réfléchi pour le tri que pour nos fameuses poubelles. De là s'en est suivi le dossier mis à la disposition du public aujourd'hui.

Mobilier de tri avec affordance et saillance dans une gare au Japon (source : B.CHOLET)
Photographie de bacs avec saillance (source : Adobe stock)
Bac jaune avec affordance et saillance au Resselpark à Vienne en Autriche (Source : H.MESLARD-HAYOT

La solution heuristique présentée ci-après est un mélange de sciences sociales et de dispositifs vu ça et là dans le monde. Elle remet en cause le discours éculé selon lequel « les erreurs de tri sont uniquement les erreurs d’autrui ». Malgré ce nouvel outil potentiel, la majorité d'entre nous a déjà fait et fera des erreurs de tri pour diverses raisons explicitées dans le dossier. Comme le dit l'adage, l'erreur est humaine, mais l’erreur est ici probablement ailleurs, chez le designer. Bien que l'anéantissement des erreurs de tri paraisse inatteignable, il semble plausible de les réduire via une refonte du couvercle en améliorant sa saillance, son affordance et sa communication (l'affordance est expliquée dans le dossier). Le trieur ne doit plus chercher les consignes de tri, sur un bout d'emballage, sur un mémo-tri, sur un autocollant... elle doit s'imposer à lui (cf. illustration ci-dessous téléchargeable en pièce jointe).

Exemple d'invention d'un bac de tri saillant, "affordé", sans risque de réactance et revu en matière de communication sur les consignes de tri.

Des données scientifiques nous éclairent et servent à étayer le propos tout au long du dossier joint. Plusieurs de ces données sont utilisées ici pour tenter de réduire le décalage entre les connaissances scientifiques actuelles et leurs non mise en œuvre dans la pratique professionnelle des structures concernées par le tri des déchets abordé ici (collectivités, syndicats, entreprises…).

A vous maintenant ?

J'aurais pu me lancer et développer une activité pour produire et fabriquer ces couvercles, et peut-être faire de cette activité une manne incroyable ! Je n'en ai pas l'envie, pourtant je suis convaincu de son utilité. Le marché des producteurs et fournisseurs de bacs roulants à déchets est un marché oligopolistique détenu donc par quelques acteurs. Les barrières à l'entrée dans ce marché me semblent trop grandes (investissement dans des moules pour façonner les couvercles, fabrication selon des normes précises, etc). Je préfère tenter de faire connaître cette invention au plus grand nombre pour essayer d'endiguer les erreurs de tri dont les conséquences économiques et environnementales sont néfastes. Et ça n'est pas en développant ça tout seul dans son coin que ça va essaime, quitte à ce que l'invention soit récupérée avec ingratitude. Je suis persuadé que cette invention a de grandes probabilités de fonctionner. Le risque ici étant de tenir pour certain mon désir de voir cette invention faire florès. Rien ne vaut le test et l'expérimentation en conditions réelles avec une méthodologie scientifique. Pour ça, il est nécessaire que les acteurs intéressés par cette nouvelle solution prennent un peu de risques (ils semblent mineurs si vous lisez le rapport en pièce jointe). L'investissement a priori ne semble pas insurmontable financièrement, et le retour sur investissement pourrait se faire rapidement en cas de succès. Il va sans dire que ce qui est proposé ici n'est pas une solution miracle, c'est une solution supplémentaire à un panel d'actions déjà à l'œuvre ou à inventer, à améliorer (réglementation, fiscalité, formation, sensibilisation...). Le plus grand risque serait a priori de ne pas essayer.

L'enfer c'est les autres, le paradis aussi

Le moment des remerciements... le César de la meilleure poubelle je vous le dois, merci à toi public. Plus sérieusement, j'espère que cette invention trouvera preneur et qu'elle pourra améliorer la qualité du tri en France et ailleurs, sans trop nuire à la réduction du poids des déchets que nous produisons (le tri pour recyclage et la prévention sont antinomiques quand bien même certains sont convaincus qu'ils sont complémentaires). Quoi qu'il advienne de cette invention, je voulais remercier tous les gens que j'ai croisé (usagers, collègues...) ainsi que les faiseurs de sciences sociales, et l'Ademe surtout pour toutes les études que l'agence publie (rubrique librairie). Sans toutes les critiques, les remarques des personnes rencontrées, sans toutes les lectures mises en bibliographie du rapport rien de tout ça ne saurait sorti de ma tête. Comme le décrit si bien dans son livre le professeur de philosophie politique à l'université d'Harvard Michael SANDEL, la tyrannie du mérite (2021) 8, nous ne méritons pas seuls nos réussites (rien est encore réussi ici), comme nous ne sommes pas responsables seuls de nos échecs. La société, nos rencontres, nos cercles amicaux, familiaux, etc, nous façonnent, notre parcours n'est pas le fruit de nos seuls efforts, travaux, de notre intelligence, quand bien même l'hubris et l'orgueil de certains les poussent à croire cela. Des quantités de facteurs que nous ne maîtrisons pas font notre trajectoire. C'est pourquoi j'insiste ici pour remercier tout le monde, la liberté d'expression et de critiquer sont des joyaux (à polir parfois). Je pense que l'écoute est essentielle, il faut écouter tout le monde pour pouvoir mieux comprendre les problèmes et les solutionner, en l'occurrence ici ceux des trieurs quotidiens. Voilà ce que disait Anne-Caroline Prévot, chercheuse au CNRS, en 2019 au sujet du rapport sachant (émetteur d'un message) et individu (récepteur), dans un guide sur le changement de comportements au sein des organismes publics :

"Ignorer l’individu peut être une forme de violence sociale. Il faut prévenir le risque de l’attitude du sachant, qui est de ne pas écouter, de ne pas laisser l’autre s’exprimer et de ne pas supposer que l’autre puisse avoir une idée." (MTES & CGDD, 2019)

J'ai écouté, j'ai relié les connaissances avec l'aide de Sébastien, désormais j'espère que ça servira le plus grand nombre. J'ai une autre idée qui reprend des connaissances en sciences sociales pour en tirer bénéfice pour la réduction des déchets, mais ça n'est pas encore prêt (pas encore, pas encore).

Merci d'utiliser cette citation ci-après si vous utilisez ce travail :
Hugo MESLARD-HAYOT, MOREAU Sébastien, 2021. Erreurs de tri et si c'était la faute de la poubelle ? dossier final, 36p.

Toutes les sources citées dans cet article (exceptées celles ci-dessous) sont reportées dans le dossier en pièce jointe.

Sources :

COCHIN Y. & LHUILIER D., 1999. Des déchets et des hommes. Editions Desclée de Brouwer. 185p.

Le Monde, 2021. "L'objectif du discours climatique ne doit pas être la neutralité carbone."

Ministère de la transition écologique et solidaire (MTES) & CGDD, 2019. Accompagner le changement de comportement [dans les organismes publics]. Guide pratique. 45p.

  1. Le Québec qui a un système similaire a un taux de recyclage qui stagne également (La Presse, 2020).[]
  2. Citeo annonce sensibiliser plus de 1,5 millions d’enfants (6-12 ans) chaque année.[]
  3. Selon l’Ademe, le taux de refus de tri est défini comme le rapport du tonnage de refus en sortie de centres de tri sur le total expédié.[]
  4. Ce taux d’erreur de tri semble calculé à la source (dans les poubelles) quand le taux de refus de tri en France est mesuré en aval du geste de tri (en centre de tri).[]
  5. Taxe Générale sur les Activités Polluantes[]
  6. Via les corbeilles de propreté notamment[]
  7. Sortie parfois assimilée à une « corvée »[]
  8. Ce livre est vraiment génial (avis perso) []
Nota bene : cet article a été publié à une date qui correspondait peut-être à l’époque à un contexte différent de celui d’aujourd’hui. Les informations qu'il vous propose ne sont peut-être plus à jour. En cas d’erreurs ou d’inexactitudes, merci d’aider à les corriger en me communiquant vos remarques et commentaires.
Les 
commentaires

2 comments on “Erreurs de tri des emballages et papiers : et si c'était aussi la faute de la poubelle ?”

  1. Salut Hugo,

    Je viens de lire ton article et j'espère que ton idée de "poubelle intelligente" pourra inspirer des fabricants et permettre de réduire toutes ces erreurs de tri...

    Vive les nuages et à bientôt !

    Magalie M

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